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La diversité biologique : de quoi s’agit-il ? Comment la protéger ? par Jean-Pierre Ribaut

Oui, de quoi s’agit-il, en fait?

Simplement de l’ensemble du monde vivant, dans toute sa vaste diversité et toute son étendue: des algues aux grands chênes, des méduses aux grands fauves, du virus à l’homme! des déserts aux forêts tropicales.

Cet immense réservoir de ressources a été exploité par l’homme dès son origine:les plantes et les animaux pour se nourrir, les forêts pour se chauffer, construire des abris, des habitations. Très rapidement, l’homme s’est mis à cultiver et à domestiquer certaines espèces: céréales, arbres fruitiers, chevaux, loups…. et à en obtenir des variétés nouvelles, grâce à la sélection.

Aujourd’hui, la démarche est fondamentalement la même. Mais comme l’homme dispose de moyens d’intervention infiniment plus puissants et diversifiés, l’impact sur ce patrimoine naturel est beaucoup plus conséquent. Alors qu’autrefois les capacités de la nature permettaient à cette dernière de se reconstituer et de se régénérer, les limites sont aujourd’hui dépassées dans d’innombrables situations et régions. Qui n’a pas entendu parler de la régression dramatique des forêts tropicales, de l’appauvrissement brutal des ressources halieutiques, des menaces sur le thon rouge et les grands singes, la régression presque programmée des espaces naturels, tout particulièrement des zones humides! Et que penser de la dégradation qualitative de l’ensemble, voire de toutes les composantes des milieux naturels et des milieux naturels eux-mêmes. Quand maîtriserons-nous nos pollutions de plus en plus diversifiées et sournoises, aux effets souvent à long terme et imprévisibles, et que dire des déchets, de la frénésie des emballages… Les changements climatiques risquent de réserver à cet égard des surprises particulièrement imprévues avec la modification des aires de distribution d’une majorité d’espèces végétales et animales, leur taux de reproduction, leurs sources de nourriture.

Mesurons-nous l’ampleur des domaines où cette diversité biologique intervient dans nos vies? Certes, pour la nourriture surtout, c’est évident, mais encore:

Aujourd’hui, l’homme abuse incontestablement de son pouvoir sur la nature. Reconnaissons qu’il y a de tels enjeux économiques et financiers, que cela ne doit guère nous surprendre! Pour survivre économiquement aujourd’hui ne s’agit-il pas de produire toujours davantage, toujours plus rapidement et avec des bénéfices plus substantiels, et des dividendes si possible supérieurs à 15%? Mais arrêtons là les réflexions sur ce thème, même si elles sont fondamentales. Constatons simplement, comme cela commence à être reconnu, que cela ne peut continuer ainsi, avec le rôle tout puissant de la finance et de l’économie.

Mais parmi les conséquences de la course à la productivité nous trouvons, outre les exemples mentionnés ci-dessus, la fragmentation de l’espace par les activités humaines, en particulier les infrastructures qui mettent l’habitat de certaines espèces en danger, la disparition de nombreuses variétés et races animales et végétales. Il y a là un véritable trésor qui s’amenuise régulièrement, et qui concerne aussi bien les variétés de pommiers, mûriers que les chevaux ou les ovins. Heureusement que des conservatoires s’efforcent de préserver le capital génétique, mais ce n’est pas suffisant.

Une toute autre conséquence de la course à la productivité, souvent conséquence de la concurrence effrénée qui existe sur le marché, se répercute sur les conditions d’élevage, de transport et d’abattage des animaux. Heureusement que là, également, une certaine prise de conscience se développe pour bannir les méga-élevages industriels.

La société civile dont les ONG s’accorde aujourd’hui majoritairement pour recommander un développement où l’économie doit être au service de l’homme et non le contraire.

Une nouvelle approche éthique doit également se dessiner dans les rapports homme-ressources naturelles, c’est de plus en plus évident. Comment la caractériser? Je pense par une certaine retenue, j’aimerais presque employer le terme de respect envers tout ce patrimoine naturel. Que l’on ne considère, par exemple, un veau ou une vache pas simplement comme une marchandise mais comme un être vivant et je soumets à réflexion la phrase de Gandhi :  » La façon dont une nation s’occupe de ses animaux reflète sa grandeur et sa hauteur morale. « 

Si tel devait être le cas, fini les massacres de forêts, les élevages de 100 000 poules pondeuses !

A-t-on le droit de rêver? Pour revenir sur terre, les différentes institutions politiques, telles le Conseil de l’Europe, les ONG et les hommes de bonne volonté en général ont une belle occasion, en cette année de la biodiversité 2010 de s’engager activement en faveur d’une nouvelle approche de l’exploitation des ressources vivantes basée sur une nouvelle éthique, accompagnant la durabilité d’un nouveau regard.

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    Jean-Pierre Ribaut
    Pax Christi international

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